Pour une formation professionnelle à la hauteur des transformations du travail
Investir dans les compétences est une responsabilité collective. Les actifs et les entreprises décident en premier. La puissance publique intervient là où ils investiraient trop peu, avec des priorités assumées et des résultats rendus publics.
La problématique
Des choix individuels rationnels peuvent conduire à un sous-investissement collectif
Les actifs préservent leur revenu
Ils hésitent à interrompre leur activité, à reprendre des études, à s’engager dans une qualification dont le bénéfice sera différé.
Les entreprises préservent leur budget
Elles privilégient des formations courtes, au plus près du poste, par crainte qu’un salarié formé soit recruté ailleurs. Les économistes désignent ce risque sous le terme de « hold-up ».
Les concurrents attendent pour recruter
Ils privilégient le recrutement de personnes immédiatement opérationnelles et peuvent bénéficier de l’effort de formation d’un autre employeur.
« Les choix raisonnables de chacun peuvent laisser le pays en dessous de ses besoins. »
Ce décalage entre le calcul privé et l’intérêt collectif fonde l’intervention publique et mutualisée.
Orienter n’est pas administrer : les actifs et les entreprises restent les premiers décideurs, la collectivité intervient là où son concours change la décision.
Les chiffres clés
Dix chiffres pour mesurer l’enjeu
Tous les chiffres sont ceux cités dans le livre blanc, avec leur source d’origine.
Les acquis
3/4
des gains de productivité en France entre 1971 et 2018 seraient dus au développement du capital humain.
Source : Direction générale du Trésor
890 000
entrées en apprentissage en 2024, contre 306 000 en 2017. Plus d’un million de contrats restent en cours fin 2025.
Source : Trésor, Dares
62 %
des apprentis de CAP, bac pro et BTS ont un emploi salarié six mois après leur sortie (sortants 2024).
Apprentis : 62 %
Lycéens professionnels et étudiants de même niveau : 41 %
Le profil plus favorisé des apprentis explique une part de l’écart.
Source : DEPP
+10 pts
de chances d’accéder à l’emploi dans les deux ans après une formation qualifiante. L’écart atteint 14,1 points pour les bénéficiaires du RSA.
Source : Dares
Les points de vigilance
−56 %
de baisse annoncée de l’enveloppe d’État pour les pactes régionaux de formation (PRIC), selon Régions de France.
Contractualisé : 854,9 M€
Enveloppe ramenée à : 377 M€
Source : Régions de France, février 2026
60 000
transitions professionnelles financées par an en 2023, à travers une douzaine de dispositifs. Environ 1,5 million de personnes changent pourtant de métier chaque année.
2023 : 60 000
Objectif proposé : au moins 100 000 reconversions par an
Source : France Stratégie
2 %
C’est le poids des dotations des employeurs au CPF depuis 2020 (plus de 310 M€) rapporté à une seule année de leurs dépenses de formation (plus de 16 Md€).
Source : Caisse des Dépôts, Insee
30 %
des entreprises ne forment aucun salarié. 67 % ciblent d’abord des compétences techniques ou propres au poste, contre 62 % en moyenne européenne.
Source : Céreq
1 %
des budgets de formation des demandeurs d’emploi vont à la formation à distance, alors qu’environ 10 % d’entre eux ne peuvent pas suivre de présentiel.
Source : auteurs du livre blanc
62,7 %
des 1,05 million d’apprentis préparent un diplôme du supérieur (fin 2024). Quand le reste à charge de l’employeur est faible, l’IGAS, l’IGF et la Cour des comptes redoutent un effet d’aubaine.
Source : DEPP
Les onze propositions
Onze propositions pour redonner du souffle à la politique de compétences
À propos
Le Collectif avenir compétences
Le Collectif avenir compétences réunit des dirigeants, des praticiens et des experts de la formation professionnelle. Ils viennent d’entreprises, d’organismes de formation, de partenaires sociaux et d’institutions publiques, nationales comme régionales. Chacun apporte ce que son expérience lui a appris, et aussi ce qu’elle lui a laissé à comprendre.
Le Collectif s’est constitué avec une ambition : proposer une politique des compétences à la fois stratégique et opérationnelle.
- Stratégique
- parce que la formation engage l’avenir des personnes, des entreprises et du pays, et appelle des choix clairs plutôt qu’une addition de dispositifs.
- Opérationnelle
- parce qu’une orientation n’a de valeur que si ceux qui la mettent en œuvre peuvent s’en saisir sans attendre.
